vendredi 12 octobre 2012

Jeudi 11 octobre (jr 44): O Pedrouzo à Santiago (20,6 km)

Une journée pour maman

Aujourd'hui je marche pour maman qui nous a transmis à Louise et à moi l'amour de la nature. Elle aimait aller marcher et se retrouver à la campagne.  Elle aurait sûrement été fière de ses deux filles qui ont marché le Chemin de Compostelle.

Hier soir il pleuvait et ventait beaucoup; nous ne sommes donc pas sortis de l'albergue pour souper; nous avons pris un sandwich et un café dans la machine distributrice, c'est un bon dépanneur mais il ne faut pas être difficile.

Dans le dortoir, à l'heure du coucher, Serge entreprend une discussion sur la politique avec des français; ce n'était pas une bonne idée.

Lorsque nous nous levons ce matin, nos vêtements sont encore humides de la sueur de la veille; il faut les porter quand même et entreprendre notre dernière journée de marche.  Nous quittons à 8h00 sous la pluie et dans la noirceur et pénétrons dans la forêt à la sortie de O Pedrouzo.  Nous marchons pendant 30 minutes sur un sentier boueux où il est difficile d'éviter les flaques d'eau.

Nous arrivons enfin à Amenal et profitons de la lever du jour pour mieux nous guider.  Nous retournons dans la forêt par un sentier qui monte et, pour une fois, j'apprécie la montée car le terrain est plus sec.  Nous retrouvons les eucalyptus et les fougères qui, ce matin, se parent de multiples couleurs allant de l'orange, du rouge bourgogne, du jaune, du brun et du vert.

Montée parmi les eucalyptus et les fougères
Le soleil se montre enfin puis un bel arc-en-ciel apparaît, nous sommes vraiment gâtés, mais pas pour longtemps car peu de temps après un déluge s'abat sur nous.

Un arc-en-ciel avant le déluge
Louise m'avait dit "il te poussera des ailes lors de ta dernière journée de marche"; et bien j'ai les ailes mouillées. Pour m'imposer un rythme de marche, je fredonne des chansons de mon enfance.  Cela va de "Trois jeunes tambours s'en allant à la guerre..." à "Le Bon Roi Dagobert"; mais en montant les côtes, c'est plutôt "Meunier tu dors".

Une autre averse s'annonce
A 10h00 nous nous arrêtons à San Palo pour une pause-café et nous enlevons enfin nos imperméables tout dégoulinants.  Il y a beaucoup de pèlerins dans le café-bar et la serveuse ne suffit pas à tous nous servir.

A Lavacolla le ciel se dégage et le soleil réapparaît.  Nous traversons un ruisseau du même nom; c'est dans ce cours d'eau que les pèlerins d'une autre époque faisaient leurs ablutions avant d'entrer dans la ville de Santiago; si l'on traduit litérallement "lavacolla" cela veut dire "laver la queue" . Il ne nous reste plus que 11 kilomètres à parcourir et de nombreuses montées à franchir.  Serge et Jo-Ann sont loin devant, chacun marchant à son propre rythme.  Derrière moi j'entends un groupe d'étudiants qui arrivent en chantant et qui sont vite passés.

Il ne reste que 11 kilomètres à marcher
Les averses succèdent  au soleil et c'est la valse des imperméables.  Nous arrivons enfin au monument moderne du Monte do Gozo où il ne nous reste que 5 kilomètres à marcher.  Nous y retrouvons Mateo et ses copains étudiants de Madrid et nous prenons une photo du groupe en promettant de la leur envoyer.

A San Marcos, il nous reste 5 kilomètres

Mateo et ses amis
Nous traversons San Lazaro, puis arrivons à Santiago sous la pluie.  Nous voyons les clochers de la cathédrale dans la brume au sommet de la ville et continuons à marcher vaillamment vers notre but ultime.

Nous arrivons à Santiago sous la pluie, la Cathédrale au loin
 A 14h00 nous voilà enfin dans le quartier historique en face de la cathédrale qui est majestueuse.  Plusieurs pèlerins et touristes se trouvent déjà sur la place centrale mais notre visite sera pour plus tard car nous devons nous rendre sans tarder nous inscrire à la Pension Barbantes Libredon qui ferme entre 14h30 et 16h00. La douche et le lavage sont une vraie bénédiction après deux jours.

Enfin! nous voilà à la Cathédrale de Santiago de Compostelle
Nous allons dîner au restaurant de Maria Castaña tout près de la plaza de Fonseca. Je prends des algues de mer en spaghetti servis avec des moules; c'est excellent et assez original.

Comme notre chambre est trop petite pour faire sécher nos vêtements, je pars dans la ville, à l'extérieur du quartier historique, pour trouver une buanderie.  Les indications de l'employée de la pension ne sont pas exactes, c'est un nettoyeur.  Je repars avec une autre adresse mais toujours sans succès.  On me donne une autre adresse à l'ouest de la ville où il y a enfin des laveuses et sécheuses; je laisse mon sac de linge au propriétaire qui me dit que ce sera prêt à 19h00 (il est 18h00). J'attends dans le café d'en face en sirotant un thé glacé, puis ayant récupéré nos vêtements, je repars rejoindre Serge à l'hôtel qui, pendant ce temps, est allé magasiner et a fait la sieste, le chanceux. Et non, je ne me suis pas perdue, mais j'ai rouspété bien souvent devant les rues sans nom.

En soirée, de retour de l'Office des Pèlerins où nous sommes allés chercher nos compostellas (nos diplômes de marcheurs de Compostelle), nous retrouvons Nicole et Denis de Bourcherville dans une boutique de vins; nous nous étions perdus de vue depuis Alto do Poio.

C'est enfin l'heure du dodo dans notre chambrette,  mais la nuit est mouvementée, car jusqu'à 3h00 du matin des chahuteurs se promènent sans cesse sur la rue juste sous notre fenêtre.  J'ai dû remettre mes bouchons d'oreilles.


3 commentaires:

  1. Bravo à vous deux,
    Vous avez réussi. Tout un défi que vous avez relevé. 800 km c'est loin. Vous pourriez venir Toronto-Québec à pied. Quels étaient vos sentiments sur la place de la cathédrale? Reposez-vous et profitez des avantages de Santiago. A la prochaine
    ta soeur Louise

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  2. Quelles émotions vous avez-dû avoir en arrivant sur la place de la cathédrale et en vous assoyant sur le ban des pélerins après cette aventure d'une vie. Vous avez toute notre admiration pour votre persévérance. Je joue le vendredi matin avec Yvon qui a fait le chemin de Compostelle par trois chemins différents et il a terminé son dernier périple il y a deux semaines. Il vous salue. Reposez-vous bien et bonne visite à Barcelone.
    Lise et Yvan XXXX

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  3. Quel courage. Bravo
    La marche est haute pour que vous trouviez un autre défi à réaliser.
    Bon retour
    Lise T.

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