lundi 24 septembre 2012

Samedi 22 septembre (jr 25): El Burgo Ranero à Mansilla de las Mulas (18,9 km)

Journée difficile pour Serge
A 7h30 nous quittons El Burgo Ranero où tout le monde, sauf les pèlerins semblent encore dormir.  Serge a des élancements sur le devant des jambes et doit marcher plus lentement.  Par chance la route d'aujourd'hui est longue mais sans difficulté.  Nous marchons le long d'une route pendant 3 heures (12,5 km) jusqu'à Reliogos, sans nous arrêter sauf pour une pause pipi; Serge devant un arbre et moi derrière un réservoir d'eau.

Paysage au lever du jour en route pour Reliogos

Puis après un autre 6,4 kilomètres, nous arrivons à Mansilla de las Mulas où nous cherchons un endroit pour la nuit. Sur les conseils d'un couple allemand rencontré en route, nous optons pour l'albergue municipal qui est situé sur une rue piétonnière agréable.  Cependant l'albergue est assez vieux et nous sommes dans un petit dortoir de 20 personnes; heureusement les pèlerins avec nous sont silencieux.  Ce n'est pas le cas dans le dortoir voisin où un groupe d'espagnols qui voyagent ensemble parlent très forts.  Serge en profite pour faire une sieste bien méritée.

Serge fait la sieste et repose ses jambes 

Nous n'avons pas un beau jardin pour relaxer aujourd'hui mais une cour intérieure encombrée de tables, de chaises et de sèche-linge.  Mais ça fait partie du voyage; à chaque jour nous découvrons de nouveaux paysages, une nouvelle ville ou village, goûtons à la cuisine régionale et faisons des choix judicieux ou  non pour nous reposer.

Dans le jardin de l'albergue municipal de Mansilla de las Mulas

Après avoir dîné tard à la Casa Marcelo, nous n'avons pas vraiment faim ce soir, alors  nous achetons quelques provisions à l'épicerie et mangeons dans la cour intérieure de l'albergue.  L'hospitalero soigne les ampoules d'un pèlerin (pour rigoler, elle apporte une scie comme ultime solution pour guérir le pied), tandis qu'un jeune pèlerin joue de la guitare.  D'autres sont dans la cuisine en train de préparer leur souper.  Il y a beaucoup d'ambiance ce soir.

L'hospitalero soigne les ampoules d'un pèlerin

Nous avons marché 5 1/4 heures aujourd'hui.

samedi 22 septembre 2012

Vendredi 21 septembre (jr 24): Sahagun à El Burgo Ranero (18,1 km)

Des anges-gardiens sur notre route
Nous quittons le Monastère à 7h15 après avoir déjeuné en compagnie de 2 jeunes brésiliennes qui font le Camino en vélo; elles prévoient prendre 12 jours pour effectuer le trajet entre St-Jean-Pied-de-Port et Santiago, ce qui fait une moyenne de 67 kilomètres par jour.

Serge souffre toujours de sa tendinite et il dit que c'est comme avoir des poids aux chevilles.  Pendant les 4,5 premiers kilomètres nous marchons le long d'une route où passent beaucoup de voitures; les espagnols se rendent à leur travail.  A Calzada del Coto nous avons le choix entre deux routes: la Calzada Romana par le Nord ou El Camino Real par le Sud.  Nous voulons aller vers le Sud mais les indications ne sont pas claires.  Devant nos hésitations, un cycliste nous fait des signes de l'autre côté de la route et nous indique le bon chemin.  Puis un camionneur nous klaxonne et nous montre également le chemin.  Le pèlerin n'est jamais perdu longtemps sur le camino; les âmes charitables veillent sur lui.

Maintenant le sentier, bordé d'arbres, longe une route secondaire où passe peu de voitures.  Juste avant d'arriver à Barcianos del Real Camino, nous voyons à notre gauche l'Ermitage de Perales qui date du 16e siècle et qui est déserte.

Au bout de 10 kilomètres, il est 9h30, nous nous arrêtons pour une pause-café et nous voyons arriver Sheila et Andrea qui s'empressent à se joindre à nous.  Nous nous entendons pour prendre une chambre à quatre à l'albergue Esbalo Tamaú à El Burgo Ranero.  Cependant à notre arrivée au village à 12h00, nous découvrons que l'albergue est maintenant fermée.  Nous plaçons alors nos sacs dans la file d'attente à l'albergue municipale qui n'ouvre qu'à 13h00.

La file d'attente à l'albergue municipale

En attendant, nous allons visiter l'albergue La Laguna plus loin au village.  Devant le grand jardin de l'albergue, nous sommes conquis et retournons chercher nos sacs afin de nous installer à La Laguna.

Moment de détente à l'albergue La Laguna avec Shaela et Andrea

Nous allons ensuite dîner au restaurant de l'hotel Pierdras Blancas. C'est en jasant avec Sheila que nous apprenons que les origines de son père sont Cajuns, les acadiens déportés en Louisiane; la langue française s'est perdue au fil des générations.

Il n'y a pas de café-internet dans le village, donc ce sera une autre journée sans blogue.  Nous terminons l'après-midi en faisant la sieste sous les parasols aux toits de paille dans le jardin.  Plus tard nous allons faire des achats à l'épicerie du village et Sheila nous cuisine des pâtes à la pancetta et aux épinards pour souper. L'albergue a une très jolie cuisine digne d'un bon restaurant.

Souper à l'albergue préparé par Shaela

Nous avons marché 4h45 aujourd'hui.

Jeudi 20 septembre (jr 23): Terradillos de los Templarios à Sahagun (14 km)

Serge soigne sa tendinite
Nous sommes les derniers à quitter l'albergue ce matin.  Rien ne nous presse car nous n'avons que 14 kilomètres à marcher pour nous rendre à Sahagun où nous nous arrêterons pour la journée afin de permettre à Serge de soigner sa tendinite qui affecte ses deux jambes.  Il fait froid et nous partons avec chandails, manteaux et gants.

En entrant dans Moratinos, 3 kilomètres plus loin, nous voyons à notre droite les portes de caves à vin au bas de monticules de terre.  Ensuite le chemin grimpe légèrement .  Le soleil se montre et nous rangeons nos manteaux dans nos sacs.

Caves à vin à Moratinos

Au bout de 3 autres kilomètres, nous nous arrêtons à San Nicolas del Real Camino pour une pause-café à la jolie albergue Laganares, décorée avec goût.  En sortant du village, le chemin suit la route 120 jusqu'à Sahagun que l'on voit déjà apparaître au loin.  Près de l'église San Juan de Sahagun, nous voyons déjà des pèlerins attendant l'ouverture de l'albergue Le Cluny, qui ne nous inspire pas confiance.  Heureusement ce n'est pas l'endroit que nous avons choisi pour aujourd'hui.  Nous continuons jusqu'au bout de la ville où nous découvrons le Monastère bénédictin de la Santa Cruz.  C'est l'endroit idéal pour se reposer tellement c'est paisible.  Le décor a conservé son charme d'autrefois et l'édifice est bien entretenu.  Nous prenons une chambre privée (30 Euros) et décidons d'y prendre aussi nos repas, ce que nous ne regrettons pas car c'est excellent.

Monastère bénédictin de la Santa Cruz

En route, nous avons croisé sur une terrasse Martine et Isabelle qui sympathisent avec Serge et partagent leur crème miracle "Gel professionnel Silicium".   Après la sieste de l'après-midi, en se promenant en ville pour trouver un café internet que nous ne trouvons pas, nous rencontrons Sheila et Andrea assises dans les marches de l'albergue municipal situé juste à côté de l'église San Juan de Sahagun peinte de couleurs vives.  Elles nous croyaient déjà très loin car elles ne nous avaient pas vus depuis deux jours.  Nous les amenons visiter le Monastère où nous logeons.

Église San Juan de Sahagun

Nous nous reverrons sûrement bientôt car nous nous rendons dans la même ville demain.

Aujourd'hui nous avons marché 4h00.

mercredi 19 septembre 2012

Mercredi 19 septembre (jr 22): Carrión de los Condes à Terradillos de los Templarios ( 26,3 km)

Les 3 meilleurs amis du pèlerin
Changement de programme aujourd'hui; nous devions marcher jusqu'à Calzadilla de la Cueza soit 16,8 km mais nous avons décidé de continuer jusqu'à Terradillos de los Templarios (9,5 km plus loin) car le temps est frais et venteux.  Nous gagnons ainsi une autre journée sur notre itinéraire, ce qui nous permettra peut-être de réaliser un projet que nous avons en tête.  Nous vous en reparlerons dans les prochains jours.

Ce matin je dormais tellement bien que Serge a dû me réveiller à 6h30. Nous allons déjeuner au restaurant La Corte où le serveur commence à nous connaître maintenant.  A 7h30 nous commençons à marcher à travers la ville où c'est l'heure de pointe des marcheurs tellement nous sommes nombreux.  

Comme nous marcherons 26,3 kilomètres aujourd'hui, je fais transporter mon sac à dos jusqu'à Terradillos et je voyage léger.  Coco, le petit ourson de Camille, a perdu ses amis, Doudou et Nga, qui partent avec le sac à dos de grand-maman. 

Selon moi, les 3 meilleurs amis du pèlerin sont : les ibuprophènes ( il paraît que ça guérit tous les maux de la tête aux pieds; les serviettes sanitaires (les pieds s'en portent mieux); la genouillère (pour les genoux faibles). J'ajouterais en 4e position, les transporteurs de sacs à dos (pour les corps malades ou fatigués).

Sur le chemin nous rencontrons deux dames françaises de la région de Charente en France; Martine possède avec son mari un vignoble où ils produisent du cognac et le fameux Pineau des Charentes, tandis qu'Isabelle vit sur une ferme avec son mari qui est aussi un gîte pour les passants.  Comme bien des français, elles marchent sur le Chemin pendant deux semaines à chaque année. Elles s'arrêtent cette année à León.  Nous rencontrons aussi deux pèlerins, pas jasants du tout, qui voyagent avec leur âne.

Pèlerins voyageant avec un âne
 
Pendant 16 kilomètres, nous marchons sur un sentier bien droit et dépourvu d'arbres, entre les champs de blé; heureusement que le vent nous accompagne car ce serait torride en pleine chaleur.  Nous ne rencontrons qu'une petite cantine sans toilettes, c'est donc pipi dans la nature.

16 kilomètres sur la meseta

Au bout de 4 heures, nous arrivons au village de Calzadilla de la Cueza où tous les pèlerins prennent d'assaut le restaurant Camino Real. Le propriétaire doit faire des affaires d'or car c'est le seul du village et l'unique lieu de ravitaillement depuis ce matin.

Il nous reste ensuite 9,5 kilomètres à parcourir sur un sentier qui longe la route 120 où passent de rares voitures.  Pour me distraire, j'écoute pendant deux heures du Gilles Vigneault sur mon MP3; ses rigodons me font marcher plus vite, "Gros-Pierre" me met la larme à l'oeil. Quand je fredonne le refrain "I love you, vous ne m'entendez guère, I love you vous ne m'entendez pas" de la chanson "I went to the market, mon p'tit panier sous mon bras", les pèlerins qui me dépassent rient beaucoup.  Lorsque nous arrivons à Terradios de los Templarios à l'albergue Los Templarios à 14h15, j'écoute "Madame Adrienne" et je pleure comme à chaque fois que j'entends cette chanson.

Albergue Los Templarios

Aujourd'hui Serge a marché avec une tendinite à une jambe; peut-être qu'il ne boit pas assez d'eau.  De la glace et des Advils le soulagent beaucoup.  Il commence à avoir le rhume aussi.  Décidemment, j'ai contaminé tout le monde.  Heureusement que j'avais réservé une chambre privée (36 euros, c'est pas cher) car il peut se reposer.


Aujourd'hui nous avons marché pendant 6h45.

mardi 18 septembre 2012

Mardi 18 septembre (jr 21): Fromista à Carrión de los Condes (20,8 km)

Vive les serviettes sanitaires
Le déjeuner est servi à l'albergue ce matin, nous partons donc le ventre plein à 7h15.

Hier Serge a acheté des serviettes sanitaires pour la première fois de sa vie.  C'était pour mettre dans nos bottes afin de les rendre plus moelleuses et pour absorber l'humidité de nos pieds.  Ça fonctionne très bien, je n'ai plus mal à ma petite orteil  et Serge n'a plus de douleurs sous le pied.

En suivant le sentier, marqué par des bornes à l'éfigie de la coquille de St-Jacques, le long de la route 980 nous arrivons à Poblacion de Campos après seulement 3 kilomètres. Puis le sentier part à travers les champs.

Sentier le long de la route 980

De chaque côté du sentier nous voyons de longs bacs de pierre qui débouchent sur des puits profonds, c'est un système d'irrigation qui permet de récupérer l'eau de pluie pour les terres cultivées.  C'est sûrement efficace, car jamais nous n'avons vu des champs de tournesols aussi verts avec encore beaucoup de fleurs jaunes.

A droite, bacs du système d'irrigation

Au bout de 2 heures de marche (à 8 km), nous nous arrêtons à Villovieco pour une pause café et napolitana.  Le ciel est nuageux et le temps est frais ce matin, quoi demander de plus pour marcher.  A noter que ça fait 18 jours que nous n'avons pas eu de pluie.

Je suis les conseils de ma soeur Louise, je contracte mes abdominaux en marchant pour protéger mon dos car aujourd'hui je marche avec mon sac. Puis quand nous nous arrêtons, j'étire mon dos. Jusqu'á maintenant ça fonctionne très bien.

Nous choisissons ensuite de partir par le chemin qui longe la rivière Ucieza, qui n'est qu'un sentier de broussaille.  Nous ne voyons que le lit de la rivière car elle est complètement à sec.  L'autre alternative aurait été de marcher le long de la route 980 mais ça ne nous tentait pas. En quittant la berge nous voyons se dresser au loin la grande Ermita de la Virgen del Rio.  Lorsque nous arrivons tout près, nous pouvons admirer son architecture mais elle était bien déserte l'ermita.

L'Ermita de la Virgen del Rio

Nous voulions passer par l'Alto de San Cristobal mais nous manquons les indications du chemin et passons plutôt par Villacazar de Sirga où nous nous arrêtons pour nous reposer.  C'est aussi une bonne occasion pour saluer le pèlerin sculpté attablé sur la plaza.

Serge saluant le pèlerin sculpté

Maintenant nous devons longer la route 980 pour nous rendre à Carrión de los Condes; heureusement il y a un sentier aménagé pour les pèlerins en bordure de la route. Nous rencontrons un pèlerin qui porte sur son sac à dos des panneaux solaires; c'est incroyable ce que la technologie oblige à faire. Nous n'en revenions pas et nous avons pris une photo.

Deux kilomètres avant d'arriver à Carrión, notre sentier est bloqué par des camions qui terminent l'aménagement du sentier et nous devons marcher sur l'accotement de la route, avalant la poussière que propagent les camions et les tracteurs car les fermiers labourent aussi leurs champs près de la route. 

Sentier aménagé pour les pèlerins sur le bord de la route

Le pèlerin doit être tolérant et patient et continuer sa route.  A 12h30, soit après 5 1/4 heures de marche, nous arrivons à Carrión de los Condes et cherchons l'albergue Espiritu Santo tenu par les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul.  Notre persévérance a été récompensée car l'endroit est très grand, immaculé et très propre.  Nous sommes dans un grand dortoir avec des lits simples recouverts de couvre-lits.  Les petites soeurs sont très accueillantes et souriantes.

Notre dortoir à l'albergue Espiritu Santo

Une soeur de la Charité de St-Vincent-de-Paul accueillant les pèlerins

Après la douche et le lavage des vêtements, nous allons dîner au restaurant La Corte. C'est tellement bon que nous décidons d'y retourner ce soir.  De plus, ils servent le déjeuner á compter de 6h00 demain matin.

Nous avons retrouvé Sheila et Andrea qui logent au même endroit que nous ce soir.  Elles ont le nez qui coule à leur tour.